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La consommation collaborative : késako?!

Intimement liée au développement du Web 2.0 qui a rendu possible les pratiques de collaboration à grande échelle,le nouvel engouement pour la consommation collaborative pourrait s’expliquer par le contexte économique et sociétal actuel. Dans une période de crise et de rigueur, les gens ont à cœur de retrouver du lien social et des activités à bas prix : les consciences collectives s’élèvent de plus en plus nombreuses désormais pour un changement radical des modes de consommation.

Partage, confiance, communauté,échange, seconde vie… Quelques uns des maîtres mots de cette solution alternative à la consommation traditionnelle qu’est la consommation collective. Elle ouvre la voie à de nouvelles possibilités de consommation moins consuméristes et plus consom’actrices…

«Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et d’évolutions technologiques, cette nouvelle manière de consommer est en plein essor et va prendre de plus en plus d’importance», explique Nathalie Damery, co-présidente de l’Observatoire société et consommation.

Il y a 2 grandes formes de consommation collaborative :

– celles où l’on achète en commun , de manière groupée, un bien ou un service, pour obtenir le plus souvent un prix .

– celles où les gens se prêtent , se donnent ou s’échangent des biens ou des services plutôt que de les acheter.

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Échanger biens et services

L’échange est le maître mot de la consommation collaborative. Tout (ou presque) peut se prêter, se louer ou se troquer. Avec la consommation collaborative, exit les circuits traditionnels d’échange sur le mode : un bien pour chaque consommateur. L’idée, c’est que plusieurs usagers peuvent profiter d’un même objet ou service. Cela permet de faire des économies et évite de gaspiller inutilement. Partager les frais d’un déplacement en voiture ? C’est possible avec les sites de covoiturage comme Blablacar. Emprunter un logement ? Le couchsurfing met en lien les voyageurs prêts à s’héberger mutuellement et Airbnb offre des locations de courtes durées chez des particuliers. Besoin d’une perceuse, d’une machine à gaufre ou d’un costume le temps d’une journée ? Rendez-vous sur le site Zilok, qui permet aux particuliers comme aux professionnels de mettre toutes sortes de biens en location. Du partage de machine à laver au repas chez l’habitant, les sites d’échanges de biens et services se sont multiplié ces dernières années;

LOGO-Consocollaborative-comConsocollaborative.com, blog créé en 2010 et devenu le media de référence pour toute l’actualité des startups et des services de consommation collaborative, en a recensé une centaine.

L’accès, c’est mieux que la propriété

Dans la consommation collaborative, la propriété n’est plus considérée comme un facteur de satisfaction primordiale . On peut profiter d’un objet ou d’un service à plusieurs sans forcément en être propriétaire. Un cas concret : les vélos en libre-service, dits  » vélib’ « , initiative qui permet à qui veut d’utiliser un bicycle sans le détenir et qui s’est répandue dans de nombreuses villes de l’hexagone.

Toujours la catégorie transports, l’autopartage offre la possibilité de partager une voiture avec d’autres personnes. N’est-ce pas mieux que d’engager chacun des frais dans un véhicule et un garage ?

Ensemble, on consomme mieux!

Consommer collaboratif, c’est aussi se regrouper pour acheter des produits à moindre coût et d’une meilleure qualité.  Les Amap (Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne), par exemple, rassemblent des consommateurs autour d’un même producteur de produits bio pour des commandes régulières.

 Le système D, ça crée des liens!

La consommation collaborative rassemble des gens de tous horizons autour d’un échange qui laissent rarement indifférent. «Les gens viennent d’abord vers la consommation collaborative pour le porte-monnaie, puis une nouvelle forme de lien social se créé autour du système D et de la débrouille», explique Stéphane Riot, co-auteur de avec Anne-Sophie Novel. Vive la co-révolution ! Pour une société collaborative. Tous ceux qui partagent le disent. C’est un style de vie, on devient accro à ces façons de faire car au-delà de la nécessité économique ou des raisons militantes qui peuvent amener à ces nouveaux modes de consommation, c’est le fait de rencontrer d’autres personnes dans son voisinage ou à l’autre bout du monde qui plaisent. On tisse des liens, on échange des informations, une culture, des envies, on apprend les uns des autres. Et de là naissent des projets, des idées, des communautés. Des projets souvent très locaux prennent vie, cela dynamise le tissu social, le tourisme, etc.

Les effets induits…

1 – Lutte contre l’obsolescence programmée

En insistant sur l’usage des objets plus que sur leur propriété, la consommation collaborative est un outil formidable pour prolonger la durée de vie des biens et réduire le gaspillage des ressources : plutôt que de jeter, on revend, on troque, on rentabilise en louant, on répare si besoin en échangeant les façons de faire via des plateformes spécialisées.

2 – Moins de pollution

Aucune étude scientifique ne se penche encore sur les bénéfices environnementaux de la consommation collaborative. Dans le secteur du partage de voiture et du covoiturage pourtant, les acteurs se vantent souvent des économies de Co2 générées par la mutualisation de l’usage d’un véhicule ou d’un trajet. Ainsi, le site covoiturage.fr (l’un des deux leaders européens du covoiturage) valorise 500 000 tonnes de CO2 économisées sur 10 millions de trajets.

Pour l’ADEME, l’autopartage a un double intérêt:  « Il induit pour ses utilisateurs une diminution progressive du nombre de kilomètres parcourus en voiture et donc réduit la consommation d’énergie et les émissions de polluants. En outre, il permet de libérer de l’espace urbain utilisé auparavant pour le stationnement des véhicules » . Des études ont aussi prouvé que que le partage de véhicule permet de diminuer le taux de possession de voiture dans la population. Dans cet article de The Economist, on estime qu’une voiture en partage peut remplacer jusqu’à 15 voitures de particuliers.

3 – La promotion d’une économie de la fonctionnalité

Ces nouvelles façons de partager un objet stimulent aussi le développement de l’économie de la fonctionnalité : les entreprises doivent aujourd’hui revoir leur modèles économiques pour intégrer ces nouveaux modes de consommation. Le consommateur ne veut plus posséder le produit mais l’utiliser. Il faut donc insister sur l’expérience vécue par le consommateur, anticiper au mieux la logistique et les modalités d’usage.

4 – La force de la co-création

Les communautés sont d’ailleurs très fortes aussi dans le cadre des projets de production pair-à-pair, quand il s’agit de co-concevoir un produit. La voiture Open-source de Wikispeed ou le projet Protei destiné à nettoyer les océans fonctionnent par les principes de l’open-source avec des dizaines de personnes qui prennent de leur temps pour donner vie à leur passion. Leurs préoccupations ont ceci de commun de montrer qu’on peut faire mieux et autrement aujourd’hui. Et c’est la force de l’énergie de ces communautés qui prouvent alors à quel point il est possible d’accomplir de grandes et belles choses quand on est ainsi reliés et connectés, en partageant des valeurs.

5– Un management plus attentif à l’humain

A une échelle plus petite, les grands groupes commencent à s’intéresser à ces dynamiques et prolongent actuellement leurs stratégies de gestion de communautés (community management) par des démarches co-créatives avec leurs clients (pour personnaliser un produit, définir une offre, une application mobile, etc.) Cela ne se fait pas forcément à des fins écologiques, mais lorsque la démarche est bien réalisée, elle a le potentiel de modifier en profondeur le management, d’y inscrire une logique ascendante qui ira alors dans le sens de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises). C’est en étant à l’écoute de l’expérience accumulée par les clients qu’on améliore le service proposé par son entreprise et que l’on effectue une vraie innovation de service. Et par là même qu’on peut devenir une entreprise « libérée », à l’écoute, où les managers deviennent des facilitateurs.

6– Des projets qui se renouvellent

Lorsque l’écologie et l’économie collaborative se croisent, cela donne naissance à des sites tout aussi motivants les uns que les autres. Ainsi, entre autres :

www.energie-partagee.org afin de solidariser et décentraliser la production d’énergie, de quoi se diriger vers la troisième révolution industrielle.

– www.opensourceecology.org qui imagine un set de construction pour village écolo.

fairtradeelectronic.org pour promouvoir une électronique équitable.

Bluebees, un tout nouveau site qui allie financement participatif avec rémunération pour soutenir des projets qui ont (beaucoup) de sens dans les pays du sud.

La Ruche qui dit Oui ! qui promeut une alimentation locale avec un principe proche des AMAP mais un peu moins « contraignant » pour certains.

Il y a de nombreux autres sites que vous pouvez consulter ici pour en savoir plus sur la consommation collaborative. Fréquenter le site OuiShare.net vous permettra également de suivre l’actualité du sujet.