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Il est temps que seuls les animaux humains fassent le spectacle dans les cirques !

Nous avions, il y a quelques mois, publié un article écrit par une militante, un très bel article sur les cirques sans animaux : « Que le cirque est beau quand il est sans animaux ! ».

Nous vous livrons aujourd’hui la traduction d’un article sur lequel nous sommes tombés par hasard hier, un bel article, à faire lire à ceux de votre entourage qui omettent encore de se poser les bonnes questions…

©-Pixelle-Photos-A.L.F

Article de Paul Graham – Las Vegas Informer – 22 mars 2014

«La compassion est parfois la capacité mortelle à ressentir ce que c’est que de vivre dans la peau de quelqu’un d’autre. Elle est connaissance du fait qu’il ne peut jamais vraiment y avoir paix et joie pour moi tant qu’elles n’existent pas pour vous également. « – Frederick Buechner

Imaginez ce que c’est, pour une mère et sa jeune progéniture, de vivre ceci : le bébé arraché après seulement un court laps de temps passé ensemble, pour être élevé en captivité, loin du cercle aimant et chaleureux de sa famille. Un être sensible désormais forcé de vivre dans un environnement exigu, soumis à toutes sortes de conditions météorologiques extrêmes. Un être sensible dont le sort est d’être dressé, battu, poussé à agir contre nature, au seul profit des humains, petits et grands…

Si une telle chose était faite à des humains en captivité, je suis sûr que les gens seraient outrés, et que cette pratique cesserait d’exister.

Mais en réalité, qu’importe l’espèce dont nous parlons, que ce soit d’animaux humains ou non humains ?

Dans les faits, nous, les humains, continuons d’utiliser les animaux pour notre bénéfice et notre divertissement, en leur refusant non seulement la liberté, mais aussi en les forçant à vivre une vie que nous ne souhaiterions pour rien au monde à un autre humain.

Une des façons pour nous de changer en conscience cet état de fait est de ne plus autoriser les cirques avec animaux. Il est grand temps que nous commencions à évoluer et à nous rendre compte que ceci est inacceptable, et qu’il est temps que ceci finisse.

Un certain nombre de pays ont déjà interdit l’utilisation des animaux dans les cirques. La Bolivie a été le premier pays à le faire, et a depuis été rejoint par le Pérou, la Grèce, Chypre, le Paraguay, la Colombie, les Pays-Bas et la Slovénie. Ce mouvement de contestation est en place dans de nombreux autres pays, en ce moment.

C’est un signe positif, et il doit nous donner l’espoir que les gens vont enfin s’instruire sur ce qu’il se passe réellement, et sur le pourquoi de la réaction de ces pays.

Il y a tellement de raisons impérieuses de le faire. Nous avons vu les images tournées lors d’infiltration et les photos témoignant de l’abus dont souffrent ces animaux prisonniers des hommes.

Beaucoup de gens ont ce souvenir d’enfance d’avoir été emmené au cirque, et d’y avoir vu de magnifiques animaux, comme les ours, tigres, lions, chevaux, éléphants, et de les avoir vu de près. Nous regardons ces animaux exécuter figures et tours, et c’est comme si nous avions été amenés à considérer qu’ils apprécient cette vie, qu’ils profitent, en quelque sorte, de leur captivité pour pouvoir réussir tout ça…

Malheureusement, ce n’est qu’une illusion. Ils n’en profitent pas plus que vous ou moi le ferions.

Ces animaux ne se portent pas volontaires pour exécuter tout cela. Ils sont contraints de vivre en captivité et exécutent ces tours, obéissent, par peur et dans la douleur des représailles de leurs formateurs et propriétaires.

Je suis sûr que la plupart des gens qui fréquentent le cirque le font pour transmettre à leur enfant quelque chose ressentie comme devant faire partie des souvenirs d’une vie.

Peut-être le font-ils aussi pour se reconnecter à leurs souvenirs, à leur propre enfance.

Pourtant, si nous sommes conscients qu’il y a un côté plus sombre dans le cirque, et que nous n’ignorons pas, au fond, quelle réalité se cache derrière, qu’enseignons-nous exactement à nos enfants, quel chemin suivons-nous nous-mêmes, en fréquentant les cirques ?

Je suis sûr que si la plupart des enfants savaient ce qui se passe réellement dans les coulisses, ils seraient en colère et voudraient savoir comment aider les animaux.

Ces cirques continuent d’exister parce que les gens paient pour venir les voir. Nous devons cesser simplement d’acheter les billets et encourager les autres à faire de même. Certains peuvent penser que le cirque a besoin d’avoir des animaux pour qu’il soit viable, mais ce n’est tout simplement pas vrai. Les pays qui ont interdit les animaux dans les cirques ont encore des cirques, mais ceux-ci se concentrent sur la performance des hommes, lesquels, j’en suis sûr, sont beaucoup mieux traités que n’importe quel animal. Tout ce que vous avez à faire est d’aller à n’importe quel spectacle du Cirque du Soleil et vous vous rendrez compte que vous n’avez nul besoin d’avoir des animaux performants pour être bien divertis.

Nous devons enseigner à nos enfants qu’il n’y a aucune justification à la captivité et aux mauvais traitements d’un être vivant, que ce soit pour le divertissement ou tout autre objet que nous pourrions évoquer. Nous devons d’abord l’apprendre nous-mêmes. Nous devons ouvrir nos yeux et nos cœurs, et faire ce lien. Nous sommes tous liés et nous devons réaliser que ce qui arrive à une espèce affecte chacun d’entre nous. C’est aussi pourquoi un si grand nombre d’entre nous trouvent qu’il est inacceptable de voir les animaux comme des marchandises … mis au monde et élevés dans le tourment et la maltraitance, pour finalement être abattus pour servir de nourriture, ou autre…

Peu importe que certaines de ces pratiques soient en place depuis des siècles. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites tout au long de l’histoire que nous ne faisons plus aujourd’hui.

Utiliser des animaux dans un cirque a toujours été une chose répréhensible, et elle l’est toujours aujourd’hui. Nous avons besoin de voir clairement pourquoi les gens dans tant d’autres pays ont réagi de la façon dont ils ont réagi, et pris la bonne décision, celle de la compassion, et ont mis fin à cette pratique. Cela concerne les animaux comme les hommes.

Il est temps.

Pour plus d’informations sur ce qui se passe sur la lutte en cours pour libérer les animaux, vous pouvez suivre des organisations comme Animal Defenders International. Vous pouvez trouver des informations sur comment protester pacifiquement et éduquer les autres sur www.circusprotest.com

Il est temps de faire les choses convenablement, pour les animaux, pour nos enfants, pour nous-mêmes.

 Source : BEING VEGAN – It Is TIme For Only Humans To Be In The Circus

 

Esclavagisme : homme, animal, l’effet miroir ?

Esclavage-homme-animal-LLPAASelon la Walk Free Fondation, qui lutte contre toutes les formes d’esclavage moderne, 30 millions d’êtres humains seraient actuellement victimes de l’esclavagisme à travers le monde, et aucun pays n’est épargné…

Cet état de fait se décline de la forme « classique » – des marchés aux esclaves existeraient encore au Soudan ou dans les pays du Golfe Persique – à la forme « moderne « , touchant particulièrement les femmes (prostitution, travail mais aussi mariage) et les enfants (travail forcé, prostitution ou encore enfants soldats). Cet asservissement se traduirait par des décès de plus en plus nombreux, dus à l’épuisement, à la dénutrition, à des blessures résultant de sévices, voire à tout cela réuni…

Dans nos sociétés actuelles – et aucune n’est épargnée – le présupposé « je consomme & je possède, donc je suis » entraîne une course toujours plus folle et plus rapide vers l’excès de consommation, monstre vorace et s’auto-alimentant.

A y regarder de plus près, l’on ne peut qu’être frappé par la similitude de cet esclavage humain avec la condition infligée par l’homme à l’animal : déplacement de populations, extermination, esclavagisme sexuel et de « loisir » etc.

Un éléphant de cirque, se balançant à longueur de journée d’une patte à l’autre de façon mécanique et névrotique, parfois dressé à coups de barre de fer, et toujours enchaîné pour notre divertissement… Des travailleurs népalais au Qatar, réduits au statut d’immigrés clandestins, travaillant 12 heures par jour dans des conditions épouvantables (affamés, n’ayant pas accès à l’eau potable dans une chaleur supérieure parfois à 50°), sans être payés, sur les chantiers de construction de la grande messe footballistique, la Coupe du monde 2022, autre type de divertissement.

Prostitution-homme-animal-LLPAA Des femelles Orangs-outans enchaînées et livrées aux déviances sexuelles des hommes à Bornéo… Des fillettes de 8-10 ans vendues par leurs parents pour une poignée de bahts aux réseaux de prostitution, en Thaïlande.

Des ouvriers au Honduras obligés de porter des couches, à leurs frais, afin de ne pas interrompre la chaîne de montage d’équipements électriques fonctionnant en continu, rentabilité oblige… Des visons et des renards élevés pour leur fourrure qui, avant de finir électrocutés vivants, mènent une existence de souffrance, confinés dans des cages minuscules, et baignant dans leurs excréments, la notion même minimale de « bien-être animal » étant en total opposition avec la course au profit…

Des exemples parmi tant d’autres de la souffrance infligée au quotidien à des êtres vivants au 21ème siècle…

Des situations qui « n’ont rien à voir »?…

Ne serait-ce pas là, bien au contraire, le même processus prédateur pour le même effet dévastateur ?

L’homme n’a pas son pareil pour inventer des formes toujours plus pernicieuses de réduction, voire de suppression, des libertés fondamentales d’un être qu’il juge inférieur.

Certaines exploitations, certaines aliénations seraient-elles plus acceptables que d’autres?

Celles pratiquées par les hommes sur les femmes seraient-elle plus acceptables que celles pratiquées, par exemple, par une race sur une autre?…

Et ces dernières moins acceptables et plus cruelles que celles pratiquées par les animaux humains sur les animaux non humains?

affiche_cirque_aux_humains« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » disait Martin Luther King.

La logique d’asservissement de l’homme ne peut que le conduire à sa propre perte. Le fait est que, dans cette logique, il entraîne dans sa chute tout ce que le vivant compte sur cette planète, vivant qui est pourtant indispensable à sa propre survie…

Alors quoi?…

La liberté – donc le droit à la liberté – devrait être au cœur de toute démocratie, de tout état de droit, devrait être le combat principal de notre humanité, notre priorité à tous, dans un monde où les atteintes qui lui sont portées sont aussi insidieuses que multiples.

« La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens », écrivait Montesquieu.

Il appartient à chacun, au quotidien, dans ses échanges sociaux, dans sa consommation, dans ses choix, d’agir en ce sens, car la liberté ne peut être maintenue et garantie que par la vigilance et l’action des individus. Chacun d’entre nous ne saurait en être simple bénéficiaire ou rentier.

Et l’on parle ici de la liberté pour tous les êtres sensibles, de la liberté pour tous les êtres sentients – humains et non humains, donc – de décider de leur vie.

« Le mal fondamental est le système qui nous permet de considérer les animaux ou les autres humains, quelles qu’en soient les raisons, comme nos ressources ».(1) « Le monde où nous vivons aujourd’hui en est un où, par la vertu de leur naissance dans une autre espèce que la nôtre, certains individus – certains sujets d’une vie, dans ce sens qu’ils ont une vie à vivre, une vie qui peut pour eux se dérouler bien ou mal – sont une propriété, c’est-à-dire sont considérés fondamentalement comme des instruments pour la satisfaction des intérêts d’autres ».(2)

Et c’est contre ce « mal fondamental » qu’il nous faut réagir, et agir.

ALF-Logo

La véritable défense de la Liberté ne peut être qu’antispéciste.

Chris Dyn & LLPAA.

Sources:

(1)« Pour les droits des animaux » – Thomas Regan, traduit de l’anglais par Éric Moreau – Les Cahiers Antispécistes.

(2) « Que tous les animaux soient égaux – Sur la libération animale, la défense animale et Peter Singer » par David Olivier – Les Cahiers Antispécistes.

 En corrélation :

Avec le problème des esclaves de la coupe du monde au Qatar : L’enfer des chantiers olympiques de Sotchi et JO de Sotchi : Amnesty lance une campagne de sensibilisation

Un article sur la Traite des femmes : « Traite des femmes : entre déni et invisibilité » – mars 2013 – Journal de l’Université du Québec A Montréal.

Un article sur la traite des Hominidés : « Le scandale de la traite des Hominidés » – 26/12/2013 – Good Planet Info.

L’article d’Estiva Reus paru dans les Cahiers Antispécistes sur le livre de Florence Burgat, « Liberté et inquiétude de la vie animale ».

« Sentience!« , d’Estiva Reus – Les Cahiers Antispécistes.

3ème Bande-dessinée des aventures de Fluffy notre mascotte!

Dans la droite ligne de nos vœux 2014, découvrez la 3ème aventure de Fluffy! En hommage à tous les militants, qu’ils soient de longue date ou nouveaux venus! Ne rien lâcher!

Cette histoire est, vous allez le découvrir, une présentation en bande-dessinée de l’objet de notre combat associatif!

MERCI à tous ceux qui nous soutiennent!

LLPAA-BD 3-La 1ere manif de FLUFFY - Laissons Leur Peau Aux Animaux

La 1ère manif de Fluffy : « Laissons Leur Peau Aux Animaux »

L’association LLPAA vous présente la 3ème aventure de Fluffy, sa mascotte, un petit lapin-ange venu d’on ne sait où, pour aider les animaux à sensibiliser les humains que nous sommes à leur sort, qui est souvent bien dramatique.

Les animaux sont des êtres sensibles tout comme nous, qui aiment, ressentent la joie, la peur, la douleur…

Respectons leur vie.

Laissons Leur Peau Aux Animaux.

 

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LLPAA – Nos Voeux 2014, Rudyard Kipling et Gandhi!

Carte de voeux de LLPAA 2014Pour accompagner ces voeux, LLPAA tenait à dédicacer un poème à tous les défenseurs des droits des animaux humains & non humains.

Ce poème, le plus connu de Rudyard Kipling, n’en est que plus émouvant quand on sait qu’il l’a écrit pour son fils unique John, alors âgé de douze ans, en 1910 et que ce dernier périra en 1915 à sa première bataille lors de la guerre 1914-18, âgé d’à peine dix-sept ans. Paru en 1910 en Angleterre et traduit en 1918 par André Maurois sous le titre « Tu seras un homme mon fils », ce poème nous rappelle que nous, animaux humains, sommes faillibles, mais aussi perfectibles. Il nous rappelle la nécessaire humilité, qui nous permet l’ouverture à l’autre et au monde du vivant, aussi, tout en restant vrai, honnête et sincère pour mieux y parvenir…

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras…

L’union fait la force véritable…

Nous avons hésité, au niveau de la dédicace, entre ce poème de RK, et une célèbre citation que l’on prête à Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde« .

Pourquoi « que l’on prête à » ?

Parce qu’effectivement, il s’avère qu’il n’y a pas de preuve documentaire fiable concernant l’effective paternité de Gandhi de cette citation… Il semblerait plutôt qu’elle soit la résultante marketée et simplifiée (*) d’un texte du grand homme qui est le texte suivant :

« If we could change ourselves, the tendencies in the world would also change. As a man changes his own nature, so does the attitude of the world change towards him. … We need not wait to see what others do. »  (En gros : « Si nous pouvions changer nous-mêmes, les tendances dans le monde seraient également changées. Lorsqu’un homme change, de même change l’attitude du monde à son égard… Nul besoin d’attendre de voir ce que les autres font pour changer »)

Par ses propos, Gandhi a voulu nous dire que transformation personnelle et transformation sociale, sociétale même, vont de pair, mais rien ici ne suggère que cette transformation personnelle est à elle-seule suffisante, ce que sous-tend la version citationniste.

En fait, pour Gandhi, si la lutte pour créer un monde meilleur implique non seulement une abnégation rigoureuse et le respect rigoureux de la philosophie de la non-violence, l’homme doit également prendre conscience qu’une personne seule ne peut pas profondément et durablement changer les choses. Lutter contre, et abolir l’injustice, quelle que soit sa forme, ne peut résulter que d’une action collective, celle d’un grand nombre de personnes travaillant ensemble avec discipline et persévérance.

Et c’est aussi cela que nous souhaitions mettre en avant, en ce début d’une année nouvelle : la nécessité d’union dans la lutte pour les droits du vivant, d’union entre les différentes entités militantes, la nécessaire synergie des militants et des entités qui se sont engagés pour que le monde devienne sous toutes ses formes plus empathique et respectueux de la vie, que ce soit celle de l’environnement, des animaux humains ou des animaux non humains.

Une belle année à tous, donc, placée sous le signe de l’union et de la tolérance!

Carte de voeux de LLPAA 2014

Arno Klarsfeld – La nécessaire législation sur la protection des animaux

corrida-picasso-la-regle-du-jeuuIl y a près d’un an, le conseil constitutionnel a rejeté la demande d’associations de défense des animaux demandant l’interdiction de la corrida. Dans sa décision les membres du conseil ont rappelé que bien que l’article 521-1 du code pénal réprime les sévices graves et les actes de cruauté envers un animal domestique ou tenu en captivité, cet article exclut expressément l’application de ces dispositions aux courses de taureaux dans les cas où une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Ces pratiques traditionnelles reconnues par la loi ne portant pas atteinte à un droit constitutionnellement garanti.

Cela a peut-être été une défaite pour les défenseurs des animaux mais le conseil constitutionnel a montré la voie à suivre pour l’avenir : la dignité des animaux ou l’interdiction d’une inutile cruauté à leur égard doit être constitutionnellement garantie.

Animaux esclaves, Marie-Pierre Hage - Ed. Lucien Souny - 2008La règle légale sur les corridas les autorisant si une tradition locale ininterrompue peut être invoquée est vouée à disparaître. Elle rappelle trop la règle en vigueur aux Etats-Unis avant la guerre de sécession autorisant l’esclavage là où il avait existé mais en excluant les nouveaux territoires ouverts à la colonisation.

On sait que c’est mal, on sait que ces coutumes viennent d’un temps où l’on pensait que l’animal, comme l’esclave, n’avait pas de conscience mais on laisse perdurer car on craint un conflit ouvert.

Pendant longtemps on a pu maltraiter et torturer les animaux en se fondant sur la croyance qu’ils n’étaient que des machines sans conscience. Entre Pythagore qui pensait que les hommes se réincarnaient dans les animaux et les animaux dans les hommes et Aristote, deux siècles plus tard, qui professait que les animaux étaient dénués de pensée, de raison et de logique, c’est Aristote qui l’a emporté. Pendant 2 000 ans les animaux n’ont eu aucun droit.

Ce n’est qu’au milieu du 19ème siècle qu’on a interdit en France les sévices infligés aux animaux lorsque ces sévices étaient infligés publiquement. Ce n’est que bien plus tard que le caractère public est devenu indifférent et que l’animal comme sujet de droit a émergé. Aujourd’hui le droit des animaux est enseigné sur la plupart des campus des universités des Etats-Unis.

La corrida tout comme la chasse à courre sont vouées à disparaître. Si l’homme a une conscience, il en va de même du taureau martyrisé dans l’arène ou du renard affolé et déchiré vivant par les chiens pour le plaisir de cavaliers indifférents à la souffrance animale.

Oui les animaux ont des droits et le meilleur moyen de les protéger est de garantir une partie de ces droits constitutionnellement.

La France ne serait pas le premier pays à le faire. Trois pays frontaliers l’ont déjà fait. L’Allemagne dont la loi fondamentale protège les animaux depuis 1993, la Suisse dont la constitution garantit le respect de la créature animale et le Luxembourg qui garantit sa protection. Pour des pays plus éloignés, la constitution de l’Inde assure un devoir de compassion, celle du Brésil prohibe la cruauté. Après ce sera à la jurisprudence des cours judiciaires et administratives de construire, doser et s’adapter.

Affiche « Ceux qui s'opposèrent à l'esclavage au XIXe siècle... »Assurer les animaux constitutionnellement contre une inutile cruauté aurait aussi pour conséquence d’interdire l’abatage rituel pour la viande casher ou halal sans que l’animal soit préalablement étourdi. Si l’on doit manger de la viande la moindre des reconnaissances c’est d’abattre l’animal en lui causant le minimum de souffrance. Ce n’est pas là une question de laïcité mais de juste compassion.

Il est logique que la prise de conscience des peuples occidentaux de la souffrance animale débouche sur des changements constitutionnels et que l’éthique conditionne le droit.

De nombreux hommes politiques aiment la chasse et la corrida mais ils aiment encore plus être en phase avec l’opinion publique. Deux sensibilités s’affrontent et iront en s’affrontant de plus en plus.

Source : Arno Klarsfeld, La nécessaire législation sur la protection des animaux – La Règle du Jeu.

NDLR – la mise en gras de certains passages n’est pas du fait d’Arno Klarsfeld mais du nôtre. De même des liens et des photos, exception faite du tableau de Picasso, « Courses de taureaux (Corrida) 1 », 1934.

Le choix du vivant – Gérard CHAROLLOIS

 Le choix du vivant

Des présidents de chambres d’agricultures du Sud de la France indiquent au ministre de l’écologie que les éleveurs de montagne refusent la présence de tous les prédateurs. En fait, ces éleveurs veulent des parcs nationaux parcs à moutons où des troupeaux sans surveillance détruisent toute végétation, sans prédation naturelle et sans concurrence d’herbivores sauvages.

Le préfet de HAUTE SAVOIE a autorisé une tuerie de centaines de bouquetins au motif que ces animaux pourraient être porteurs de brucellose dont un cas humain se manifesta au printemps dernier.

Partout, systématiquement, au nom du profit, de l’aseptisation, des peurs irrationnelles, l’homme tue.

Il ne tolère ni loup dans les forêts, ni pigeons dans les villes, car « l’animal sauvage est dangereux ! »

Dans le même temps les élus persistent à aménager le territoire en routes et en aéroports, contribuant ainsi à soustraire des espaces à la nature.

Qu’elle est fossilisée cette classe politique qui offre NOTRE DAME DES LANDES à un oligarque bien connu, ami de l’ancien président, roi des parkings et des autoroutes !

Puis, il y a des milliers de micro-NOTRE DAME DES LANDES, sous formes de ronds-points, de zones artisanales, de carrières, de déviations contournantes.

Inspiré par les affairistes, entrepreneurs et exploitants, un groupe de députés, aux ordres des forces d’argent, dépose en cette fin d’année, une proposition de loi constitutionnelle visant à supprimer, de la constitution, le « principe de précaution », frein aux appétits insatiables des prévaricateurs de la finance.

Ce texte ne sera pas adopté, mais illustre un état d’esprit contre nature si présent chez trop d’élus.

Maires, ils font abattre systématiquement les grands arbres urbains en feignant de les remplacer par de jeunes qui n’auront jamais la chance de vieillir.

Ainsi, sans l’avouer, subrepticement, en affirmant le contraire, l’homme (homo-economicus) est l’ennemi de la nature.

Bien sûr, il n’assume pas son crime.

Il tue, aménage, extermine, aseptise, mais c’est pour défendre son troupeau, préserver sa forêt usine à bois, prévenir les accidents, lutter contre la rage, à moins que ce ne soit l’échinoccocose, la brucellose, la grippe aviaire, pour désenclaver, pour un développement « bien évidemment durable ».

Pour la propagande officielle et le prêt-à-penser, seuls des « écolos intégristes », des « extrémistes animalistes farfelus » peuvent s’opposer à de telles mesures, car ils « sont contre tout » et « veulent nous ramener à la lampe à pétrole ».

Ainsi, l’imposture suit le crime et l’injure tient lieu de paravent aux exactions.

Les ennemis de la terre préfèrent salir que lire, dénigrer que réfuter, insulter qu’argumenter.

Cependant, les faits sont ce qu’ils sont.

Par pans successifs, sous mille prétextes, l’homme anéantit le vivant, artificialise son milieu de vie.

Si, dire la vérité, c’est être « intégriste » « extrémiste » ou autres amabilités débiles dont nous affublent les ennemis de la terre, soyons, sans couardise, ceux qui disent les faits.

Par-delà chaque conflit entre l’exploiteur, le tueur, le pollueur et la nature, soyons du côté de la vie.

Le choix n’est jamais entre l’humain et la biodiversité.

La conciliation est toujours possible, à condition de changer les pratiques et de faire reculer l’obscurantisme.

Pour satisfaire les très légitimes intérêts de l’humain, pour faire reculer la pauvreté, pour promouvoir les valeurs fondamentales de solidarité, d’assistance, pour juguler l’esprit de compétition, poison moral inoculé par les milieux d’argent, pour vaincre la souffrance physique, point n’est besoin de massacrer la bécasse ni d’offrir à des affairistes prévaricateurs des infrastructures destructrices de biodiversité.

Pour sauver la nature, point n’est besoin de renoncer aux conquêtes scientifiques, au vrai progrès, à un hédonisme altruiste.

Il suffit de faire le choix du vivant, choix qui en éthique, en politique, en philosophie s’appelle le biocentrisme.

A l’inverse des nihilistes, nous affirmons des valeurs positives, concrètes, des valeurs bénéfiques à tout être vivant.

 Gérard CHAROLLOIS

 Lettre publiée le 29 décembre 2012 – CVN – Convention Vie et Nature

Gérard Charollois est un juriste et un militant écologiste français. Il est le président et cofondateur du mouvement Convention Vie et Nature pour « une écologie éthique et radicale » et pour « le respect des êtres vivants et des équilibres naturels ».

« Jamais la condition des animaux n’a été aussi misérable »

« Jamais la condition des animaux n’a été aussi misérable ».

Par Corine Pelluchon, Professeure de philosophie à l’université de Franche-Comté – Le Monde.fr | 23.12.2013

Les fêtes de fin d’année ne sont guère réjouissantes pour les oies et les canards mulards qui, pendant trois semaines, doivent ingurgiter deux fois par jour 450 grammes de nourriture en quelques secondes afin que leur foie atteigne dix fois son volume normal. A la même période, on trouve dans les vitrines des manteaux avec des cols en raton laveur.

Pour lire la suite…

Condition animale et justice sociale

Condition animale et justice sociale.

Par Corine Pelluchon, maître de conférences en philosophie à l’Université de Poitiers – Le Monde.fr | 24.02.2012 à 09h53

On a souvent opposé le souci pour les animaux et le souci pour la justice sociale, reléguant la protection animale à la périphérie de la politique. Pourtant, la question animale ne pose pas seulement des problèmes moraux, mais elle relève également de la justice. Elle est même l’épreuve de notre justice, parce que nos usages des animaux trahissent les fondements de notre droit et révèlent les dysfonctionnements d’une organisation du travail et d’une économie dont les hommes sont aussi les victimes.

Pour lire la suite…

 

 

Bienvenue sur le blog de l’Association LLPAA – Laissons Leur Peau Aux Animaux!

LLPAA MILITE POUR LE RESPECT DU VIVANT!

LLPAA est une association anti-spéciste. Par conséquent, nous soutenons les actions et mouvements qui luttent pour la préservation, le respect et les droits du vivant, qu’il soit humain, non humain, ou environnemental.

Nous croyons profondément à la synergie des luttes en ce sens!

C’est pourquoi vous trouverez sur ce blog non pas des articles spécifiques à notre objet principal, l’exploitation des animaux pour leur peau, mais des articles, et des liens relatifs aux luttes que nous soutenons, aux associations partenaires, nos coups de cœur… Bref, ce blog se veut différent du site institutionnel! 😉

LLPAA – Qui sommes nous?

logo LLPAAQUI SOMMES-NOUS ?

« Laissons Leur Peau Aux Animaux » (LLPAA) est une association loi 1901 créée par des militants anti-spécistes de la protection animale.  Cette création s’est inscrite dans la continuité de leur reprise, en 2012, du Collectif MCLF, et de l’organisation de la 4ème édition de la manifestation annuelle « Marche Contre La Fourrure » (MCLF), grande marche annuelle, créée en 2009. En 2013 s’est produit un élargissement, le Collectif ayant ressenti avec force la nécessité d’informer et d’agir sur l’exploitation des animaux pour leur peau au-delà de la seule cause «fourrure», changement amorcé par la création du site internet.

logo LLPAA« LAISSONS LEUR PEAU AUX ANIMAUX » ?

Le choix du nom de l’association s’est imposé de lui-même.

« Laissons Leur Peau Aux Animaux » :

  • Un message clair, qui s’adresse à tous, car c’est nous tous qui sommes concernés par l’utilisation des animaux pour leur peau.
  • Un message généraliste, car il n’y a pas d’éthique cohérente à ne se battre que pour la peau de certains animaux seulement : tous les animaux sont des êtres sensibles, dotés d’émotions, tous ont droit au respect de leur vie, et à la reconnaissance de leurs droits.
  • Un message simple, qui sonne comme un slogan, mais aussi comme une évidence.

logo LLPAALES MISSIONS DE LLPAA :

LLPAA est centrée sur la défense des animaux utilisés pour leur peau pour fournir des biens de consommation (fourrure, cuir, plumes, duvet, laine et soie).

Notre mission principale est de sensibiliser le public en l’informant sur la réalité des conditions de vie et de mort de ces animaux : site internet, création de documents d’information, stands d’informations, intervention en milieu scolaire, organisation de manifestations et de campagnes, ou soutien à des tiers, promotion d’une mode éthique…

LLPAA est contre toute souffrance animale, souhaite qu’on laisse leur « peau » à tous les animaux, et de ce fait est contre : les abattoirs, le gavage, la pêche, la chasse, le piégeage, le déterrage, la corrida, la vivisection, le cirque, les zoos, les animaleries, la maltraitance pour le plaisir…

L’association a un but d’intérêt général au niveau national et international, et ne poursuit aucun but lucratif ou religieux.