Archives de Catégorie: Synergie des luttes

Esclavagisme : homme, animal, l’effet miroir ?

Esclavage-homme-animal-LLPAASelon la Walk Free Fondation, qui lutte contre toutes les formes d’esclavage moderne, 30 millions d’êtres humains seraient actuellement victimes de l’esclavagisme à travers le monde, et aucun pays n’est épargné…

Cet état de fait se décline de la forme « classique » – des marchés aux esclaves existeraient encore au Soudan ou dans les pays du Golfe Persique – à la forme « moderne « , touchant particulièrement les femmes (prostitution, travail mais aussi mariage) et les enfants (travail forcé, prostitution ou encore enfants soldats). Cet asservissement se traduirait par des décès de plus en plus nombreux, dus à l’épuisement, à la dénutrition, à des blessures résultant de sévices, voire à tout cela réuni…

Dans nos sociétés actuelles – et aucune n’est épargnée – le présupposé « je consomme & je possède, donc je suis » entraîne une course toujours plus folle et plus rapide vers l’excès de consommation, monstre vorace et s’auto-alimentant.

A y regarder de plus près, l’on ne peut qu’être frappé par la similitude de cet esclavage humain avec la condition infligée par l’homme à l’animal : déplacement de populations, extermination, esclavagisme sexuel et de « loisir » etc.

Un éléphant de cirque, se balançant à longueur de journée d’une patte à l’autre de façon mécanique et névrotique, parfois dressé à coups de barre de fer, et toujours enchaîné pour notre divertissement… Des travailleurs népalais au Qatar, réduits au statut d’immigrés clandestins, travaillant 12 heures par jour dans des conditions épouvantables (affamés, n’ayant pas accès à l’eau potable dans une chaleur supérieure parfois à 50°), sans être payés, sur les chantiers de construction de la grande messe footballistique, la Coupe du monde 2022, autre type de divertissement.

Prostitution-homme-animal-LLPAA Des femelles Orangs-outans enchaînées et livrées aux déviances sexuelles des hommes à Bornéo… Des fillettes de 8-10 ans vendues par leurs parents pour une poignée de bahts aux réseaux de prostitution, en Thaïlande.

Des ouvriers au Honduras obligés de porter des couches, à leurs frais, afin de ne pas interrompre la chaîne de montage d’équipements électriques fonctionnant en continu, rentabilité oblige… Des visons et des renards élevés pour leur fourrure qui, avant de finir électrocutés vivants, mènent une existence de souffrance, confinés dans des cages minuscules, et baignant dans leurs excréments, la notion même minimale de « bien-être animal » étant en total opposition avec la course au profit…

Des exemples parmi tant d’autres de la souffrance infligée au quotidien à des êtres vivants au 21ème siècle…

Des situations qui « n’ont rien à voir »?…

Ne serait-ce pas là, bien au contraire, le même processus prédateur pour le même effet dévastateur ?

L’homme n’a pas son pareil pour inventer des formes toujours plus pernicieuses de réduction, voire de suppression, des libertés fondamentales d’un être qu’il juge inférieur.

Certaines exploitations, certaines aliénations seraient-elles plus acceptables que d’autres?

Celles pratiquées par les hommes sur les femmes seraient-elle plus acceptables que celles pratiquées, par exemple, par une race sur une autre?…

Et ces dernières moins acceptables et plus cruelles que celles pratiquées par les animaux humains sur les animaux non humains?

affiche_cirque_aux_humains« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » disait Martin Luther King.

La logique d’asservissement de l’homme ne peut que le conduire à sa propre perte. Le fait est que, dans cette logique, il entraîne dans sa chute tout ce que le vivant compte sur cette planète, vivant qui est pourtant indispensable à sa propre survie…

Alors quoi?…

La liberté – donc le droit à la liberté – devrait être au cœur de toute démocratie, de tout état de droit, devrait être le combat principal de notre humanité, notre priorité à tous, dans un monde où les atteintes qui lui sont portées sont aussi insidieuses que multiples.

« La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens », écrivait Montesquieu.

Il appartient à chacun, au quotidien, dans ses échanges sociaux, dans sa consommation, dans ses choix, d’agir en ce sens, car la liberté ne peut être maintenue et garantie que par la vigilance et l’action des individus. Chacun d’entre nous ne saurait en être simple bénéficiaire ou rentier.

Et l’on parle ici de la liberté pour tous les êtres sensibles, de la liberté pour tous les êtres sentients – humains et non humains, donc – de décider de leur vie.

« Le mal fondamental est le système qui nous permet de considérer les animaux ou les autres humains, quelles qu’en soient les raisons, comme nos ressources ».(1) « Le monde où nous vivons aujourd’hui en est un où, par la vertu de leur naissance dans une autre espèce que la nôtre, certains individus – certains sujets d’une vie, dans ce sens qu’ils ont une vie à vivre, une vie qui peut pour eux se dérouler bien ou mal – sont une propriété, c’est-à-dire sont considérés fondamentalement comme des instruments pour la satisfaction des intérêts d’autres ».(2)

Et c’est contre ce « mal fondamental » qu’il nous faut réagir, et agir.

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La véritable défense de la Liberté ne peut être qu’antispéciste.

Chris Dyn & LLPAA.

Sources:

(1)« Pour les droits des animaux » – Thomas Regan, traduit de l’anglais par Éric Moreau – Les Cahiers Antispécistes.

(2) « Que tous les animaux soient égaux – Sur la libération animale, la défense animale et Peter Singer » par David Olivier – Les Cahiers Antispécistes.

 En corrélation :

Avec le problème des esclaves de la coupe du monde au Qatar : L’enfer des chantiers olympiques de Sotchi et JO de Sotchi : Amnesty lance une campagne de sensibilisation

Un article sur la Traite des femmes : « Traite des femmes : entre déni et invisibilité » – mars 2013 – Journal de l’Université du Québec A Montréal.

Un article sur la traite des Hominidés : « Le scandale de la traite des Hominidés » – 26/12/2013 – Good Planet Info.

L’article d’Estiva Reus paru dans les Cahiers Antispécistes sur le livre de Florence Burgat, « Liberté et inquiétude de la vie animale ».

« Sentience!« , d’Estiva Reus – Les Cahiers Antispécistes.

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LLPAA – Nos Voeux 2014, Rudyard Kipling et Gandhi!

Carte de voeux de LLPAA 2014Pour accompagner ces voeux, LLPAA tenait à dédicacer un poème à tous les défenseurs des droits des animaux humains & non humains.

Ce poème, le plus connu de Rudyard Kipling, n’en est que plus émouvant quand on sait qu’il l’a écrit pour son fils unique John, alors âgé de douze ans, en 1910 et que ce dernier périra en 1915 à sa première bataille lors de la guerre 1914-18, âgé d’à peine dix-sept ans. Paru en 1910 en Angleterre et traduit en 1918 par André Maurois sous le titre « Tu seras un homme mon fils », ce poème nous rappelle que nous, animaux humains, sommes faillibles, mais aussi perfectibles. Il nous rappelle la nécessaire humilité, qui nous permet l’ouverture à l’autre et au monde du vivant, aussi, tout en restant vrai, honnête et sincère pour mieux y parvenir…

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras…

L’union fait la force véritable…

Nous avons hésité, au niveau de la dédicace, entre ce poème de RK, et une célèbre citation que l’on prête à Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde« .

Pourquoi « que l’on prête à » ?

Parce qu’effectivement, il s’avère qu’il n’y a pas de preuve documentaire fiable concernant l’effective paternité de Gandhi de cette citation… Il semblerait plutôt qu’elle soit la résultante marketée et simplifiée (*) d’un texte du grand homme qui est le texte suivant :

« If we could change ourselves, the tendencies in the world would also change. As a man changes his own nature, so does the attitude of the world change towards him. … We need not wait to see what others do. »  (En gros : « Si nous pouvions changer nous-mêmes, les tendances dans le monde seraient également changées. Lorsqu’un homme change, de même change l’attitude du monde à son égard… Nul besoin d’attendre de voir ce que les autres font pour changer »)

Par ses propos, Gandhi a voulu nous dire que transformation personnelle et transformation sociale, sociétale même, vont de pair, mais rien ici ne suggère que cette transformation personnelle est à elle-seule suffisante, ce que sous-tend la version citationniste.

En fait, pour Gandhi, si la lutte pour créer un monde meilleur implique non seulement une abnégation rigoureuse et le respect rigoureux de la philosophie de la non-violence, l’homme doit également prendre conscience qu’une personne seule ne peut pas profondément et durablement changer les choses. Lutter contre, et abolir l’injustice, quelle que soit sa forme, ne peut résulter que d’une action collective, celle d’un grand nombre de personnes travaillant ensemble avec discipline et persévérance.

Et c’est aussi cela que nous souhaitions mettre en avant, en ce début d’une année nouvelle : la nécessité d’union dans la lutte pour les droits du vivant, d’union entre les différentes entités militantes, la nécessaire synergie des militants et des entités qui se sont engagés pour que le monde devienne sous toutes ses formes plus empathique et respectueux de la vie, que ce soit celle de l’environnement, des animaux humains ou des animaux non humains.

Une belle année à tous, donc, placée sous le signe de l’union et de la tolérance!

Carte de voeux de LLPAA 2014

« Au nom de la Terre » – Pierre Rabhi et José Bové confrontent leurs point de vue

Affiche-Au-nom-de-la-terre-14-12-2013Le 14 décembre dernier, Vaugneray (69670) est devenue trois heures durant, pour les 1300 personnes présente, la capitale des trois-quarts de la planète depuis le Sahel subtropical à la forêt amazonienne en passant par l’espace européen.

Écologie, environnement mais aussi solidarité, tels ont été les grands thèmes de cette conférence.

En invitant Pierre Rabhi et José Bové, ce sont a priori deux modes d’action radicalement opposés qui étaient conviés à échanger sur leur combat pour un avenir plus écologique.

« Il s’agit de deux personnalités complémentaires, d’où l’intérêt de la rencontre. Leur échange sur les actions à mener pour développer des actions citoyennes, en faveur de la planète, promet d’être riche » déclarait Victor Fornito,  président de l’une des associations organisatrices, l’association SECOL (Solidarité, Écologie, Citoyenneté dans l’Ouest Lyonnais), en amont de la conférence.

Pierre-Rabhi-Jose-Bove-14-12-2013D’un côté… Pierre Rabhi.

Pierre Rabhi, sage philosophe prônant l’action non violente, est un agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, un des pionniers de l’agriculture biologique et l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux ». Pierre Rabhi défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d’Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Il est aujourd’hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l’initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, du mouvement Colibris, et a créé en 2010 sa Fondation.

Pierre Rabhi  appelle à « l’insurrection des consciences » pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Devant l’échec de la condition générale de l’humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l’importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une « sobriété heureuse ».

De l’autre… José Bové.

Activiste et député européen, José Bové est connu pour le « démontage » du McDonald’s de Millau en 1999, protestation visant aussi l’Organisation mondiale du commerce, opération constituant un repère dans l’histoire de l’altermondialisme en France, et ses campagnes d’arrachage d’OGM. José Bové a insisté sur le fait qu’il fallait se battre : sa lutte contre l’extension de l’armée au Larzac s’est faite pour le respect de la terre nourricière, de même que sa lutte contre les semences OGM. Ces deux victoires démontrent qu’il ne faut pas se sentir battus d’avance et que l’engagement est payant.

L’invité surprise

Benki-piyako-Pierre-Rabhi-14-12-2013A noter également l’intervention d’un invité surprise, Benki Piyako Ashaninka, leader indigène politique et spirituel du peuple Ashaninka, dans l’état de l’Acre en Amazonie Brésilienne, primé des droits de l’homme au Brésil pour la défense des territoires et de la souveraineté nationale brésilienne, coordinateur local du programme Povos da Floresta, et qui a récemment reçu le Prix des Droits de l’homme de la ville de Weimar. Benki Piyako a expliqué les problèmes qu’il rencontre avec l’État fédéral Brésilien. Benki a appris le respect de la terre et de la nature de ses aïeux et refuse la façon de vivre que veut lui imposer l’État. En effet, le gouvernement brésilien cherche à confisquer des terres et la forêt de sa communauté en contrepartie de l’installation de l’électricité, du téléphone et de la télévision. Benki refuse que ses terres soient soumises à déforestation, pesticides et OGM. Il refuse la télévision qui capte l’attention et la disponibilité des jeunes de sa communauté, les empêchant de prendre part aux discussions avec les responsables sur la place du village. Il veut conserver ses terres et les cultiver en respectant la vie des plantes en fonction des besoins de sa communauté indienne et refuse de les laisser attribuer à des entreprises agricoles qui ne cherchent que rendements et profits sans se soucier de l’épuisement des terres.

Chacun est rentré chez soi avec la certitude qu’il est urgent de changer nos comportements de citoyens pour convaincre nos dirigeants à prendre les mesures nécessaires à leur niveau.

 La vidéo de la conférence « Au nom de la Terre »:

Le choix du vivant – Gérard CHAROLLOIS

 Le choix du vivant

Des présidents de chambres d’agricultures du Sud de la France indiquent au ministre de l’écologie que les éleveurs de montagne refusent la présence de tous les prédateurs. En fait, ces éleveurs veulent des parcs nationaux parcs à moutons où des troupeaux sans surveillance détruisent toute végétation, sans prédation naturelle et sans concurrence d’herbivores sauvages.

Le préfet de HAUTE SAVOIE a autorisé une tuerie de centaines de bouquetins au motif que ces animaux pourraient être porteurs de brucellose dont un cas humain se manifesta au printemps dernier.

Partout, systématiquement, au nom du profit, de l’aseptisation, des peurs irrationnelles, l’homme tue.

Il ne tolère ni loup dans les forêts, ni pigeons dans les villes, car « l’animal sauvage est dangereux ! »

Dans le même temps les élus persistent à aménager le territoire en routes et en aéroports, contribuant ainsi à soustraire des espaces à la nature.

Qu’elle est fossilisée cette classe politique qui offre NOTRE DAME DES LANDES à un oligarque bien connu, ami de l’ancien président, roi des parkings et des autoroutes !

Puis, il y a des milliers de micro-NOTRE DAME DES LANDES, sous formes de ronds-points, de zones artisanales, de carrières, de déviations contournantes.

Inspiré par les affairistes, entrepreneurs et exploitants, un groupe de députés, aux ordres des forces d’argent, dépose en cette fin d’année, une proposition de loi constitutionnelle visant à supprimer, de la constitution, le « principe de précaution », frein aux appétits insatiables des prévaricateurs de la finance.

Ce texte ne sera pas adopté, mais illustre un état d’esprit contre nature si présent chez trop d’élus.

Maires, ils font abattre systématiquement les grands arbres urbains en feignant de les remplacer par de jeunes qui n’auront jamais la chance de vieillir.

Ainsi, sans l’avouer, subrepticement, en affirmant le contraire, l’homme (homo-economicus) est l’ennemi de la nature.

Bien sûr, il n’assume pas son crime.

Il tue, aménage, extermine, aseptise, mais c’est pour défendre son troupeau, préserver sa forêt usine à bois, prévenir les accidents, lutter contre la rage, à moins que ce ne soit l’échinoccocose, la brucellose, la grippe aviaire, pour désenclaver, pour un développement « bien évidemment durable ».

Pour la propagande officielle et le prêt-à-penser, seuls des « écolos intégristes », des « extrémistes animalistes farfelus » peuvent s’opposer à de telles mesures, car ils « sont contre tout » et « veulent nous ramener à la lampe à pétrole ».

Ainsi, l’imposture suit le crime et l’injure tient lieu de paravent aux exactions.

Les ennemis de la terre préfèrent salir que lire, dénigrer que réfuter, insulter qu’argumenter.

Cependant, les faits sont ce qu’ils sont.

Par pans successifs, sous mille prétextes, l’homme anéantit le vivant, artificialise son milieu de vie.

Si, dire la vérité, c’est être « intégriste » « extrémiste » ou autres amabilités débiles dont nous affublent les ennemis de la terre, soyons, sans couardise, ceux qui disent les faits.

Par-delà chaque conflit entre l’exploiteur, le tueur, le pollueur et la nature, soyons du côté de la vie.

Le choix n’est jamais entre l’humain et la biodiversité.

La conciliation est toujours possible, à condition de changer les pratiques et de faire reculer l’obscurantisme.

Pour satisfaire les très légitimes intérêts de l’humain, pour faire reculer la pauvreté, pour promouvoir les valeurs fondamentales de solidarité, d’assistance, pour juguler l’esprit de compétition, poison moral inoculé par les milieux d’argent, pour vaincre la souffrance physique, point n’est besoin de massacrer la bécasse ni d’offrir à des affairistes prévaricateurs des infrastructures destructrices de biodiversité.

Pour sauver la nature, point n’est besoin de renoncer aux conquêtes scientifiques, au vrai progrès, à un hédonisme altruiste.

Il suffit de faire le choix du vivant, choix qui en éthique, en politique, en philosophie s’appelle le biocentrisme.

A l’inverse des nihilistes, nous affirmons des valeurs positives, concrètes, des valeurs bénéfiques à tout être vivant.

 Gérard CHAROLLOIS

 Lettre publiée le 29 décembre 2012 – CVN – Convention Vie et Nature

Gérard Charollois est un juriste et un militant écologiste français. Il est le président et cofondateur du mouvement Convention Vie et Nature pour « une écologie éthique et radicale » et pour « le respect des êtres vivants et des équilibres naturels ».